Fait pas chaud ... et pourtant à vendome ... autrefois ...
11
janv.
2009

Ces dernières années , on parle de saison en de tels termes :
" y a plus d'saisons , "
y a plus d'été , ni de printemps ni d'hiver "...fait trop chaud ... fait pas chaud ... y en marre ...
Cette année on a un hiver , et par ce fait tout le monde est surpris , alors que si on se souvient de notre enfance , ( enfin pour les babyboomers comme nous ... )on avait des hivers avec de la neige , du verglas et du grand froid , et personne ne s'en étonnait , on faisait avec , et ...nous les enfants, on faisait de bonnes batailles de boules de neige , on avait la mine rose , et quand on avait fini c'était à qui ferait le plus beau bonhomme de neige dans le quartier !

Mais il y avait bien pire avant : en effet un journal le " petit Vendomois " a rédigé un article relatant le " grand hiver , 1709 , ou voilà tout juste trois siècles de janvier à mars ( quelle curieuse coincidence )...
je cite et vous lis :
"la France subissait un hiver d'une rigueur exceptionnelle le Vendomois ne fut pas épargné...

" cette année là , en effet , notre région subit tous les malheurs occasionnés par ce terrible hiver sans doute le plus désastreux de tous ceux connus à ce jour...
Celà commença le 6 janvier pour se terminer à fin mars alternant gels et dégels qui firent périr les céréales et tous les arbres fruitiers ou non ...


Il s'ensuivit une véritable famine , et pour survivre , le peu de blé encore disponible fut mélangé au chiendent, on mangea du pain de fougère mélangé à de l'avoine et du son , on dévora des racines bouillies et des potages faits avec du gui et des orties ...
Les fossés étaient jonchés de cadavres morts de faim ...

On parle d'un manteau neigeux d'une trentaine de cms , et enfin des gelées tardives fin avril et début mai ravagèrent définitivement les vignes de la région ..jusqu'aux racines ...

Les thermomètres n'étant pas encore fiables ,mais il est noté que les températures oscillaient pendant tous ces mois entre -15 et -20° ,
Le curé Magnan de la paroisse de Saint-Bienheuré , raconte qu' une grande quantité d'arbres fruitiers , poiriers,pommiers, abricotiers pêchers et amandiers ( à cette époque je viens d'apprendre qu'il y en avait dans notre région ) ...
sont tous morts ...

Quantité de puits furent gelés , et l'eau vint à manquer ...
Les conséquences immédiates et celles qui suivirent furent calamiteuses , les récoltes étant insuffisantes , la misère apparait , les cours d'eau gelés , les moulins s'arrêterent detourner , et la farine vint à manquer ...

Le prix des céréales doubla , le pain de neuf livres passa de 8 sous à 23 sous soit 3 fois plus ...le 15 juin il était à 35 sous ...
La famine sévit de juillet 1709 à juillet 1710 et la mortalité fut effarante ,
Celà entraina un brigandage , huit hommes massacrèrent une femme pour lui voler un pain ;
dans les villages on enterre les gens 3 par 3 ...et les gens expirent à même le pavé ...
On dit aussi que le Loir aurait gelé sur près de quatre pieds d'épaisseur mais on pense que les données seraient erronées car celà correspondrait à 1,20m de glace , ce qui n'est pas possible avec - 20 degrés ...l'épaisseur devrait tourner autour de 30 cm ce qui est déjà beaucoup !
A cette catastrophe naturelle devait s'ajouter la guerre de succession d'Espagne (1701-1714) qui entraina un surcroit de taxes et d'impots pour le peuple ,
le 11 septembre 1709 , la bataille de Malpaquet contre les coalisés , Anglais-Autrichiens provoquait dix mille morts supplémentaires ...
Les populations ne pouvant plus faire face , de nombreuses révoltes éclatères un peu partout en France ...
( sources article paru sur le " petit vendomois en janvier 2009 , bulletins de la Sté archéologique du Vendomois , archives personnelles)
et voici quelques extraits officiels de cette époque :
"En l'année 1709, il y eut un si cruel hiver qui commença le jour des Roys, que jamais il n'y en peut avoir un si long et si rude ; il se reprit à trois fois ; tous les arbres furent gelez, les noyers surtout et les arbres fruitiers ; les bleds périrent en terre et les vignes, de sorte qu'il n'y eut point de récolte que d'orge et d'avoine. La disette vint ensuite : on vendoit le bichet de bled jusqu'à 20 et 22 livres ; la pinte de vin 10 et 12 solz et davantage. Le bichet d'orge se vendoit 7 à 8 francs. Le désastre fut universel. On trouvoit à la campagne non-seulement des hommes morts de froid, mais encore les oiseaux et les bêtes fauves dans les grands bois." ( extrait du département Yonne)
- Année particulièrement froide (froid extrême en janvier-février), avec de mauvaises récoltes en Europe (1709-1716). Famine, épidémies de dysenterie et de typhoïde (1709-1710). . En France, presque tous les noyers, oliviers, pommiers et vignes périssent ainsi que les vieux châtaigniers[1] qui servaient à faire les poutres et les grains dans le sol. Le prix du setier de blé atteindra 64 livres tournois à Paris, inégalé depuis la fin du XVIe siècle. On sème partout des céréales de printemps en avril. Les cours du vin augmentent et les vins du Bas Languedoc et de Provence, exemptés de droits, s’exportent pour la première fois à Paris. ( extraitwilkpédia sur grand hiver 1709) et en détails :
- 6 janvier 1709 : Début de la vague de froid qui touche l'Europe et particulièrement la France. C'est le début du « Grand Hiver » de 1709. La Seine gèle. Les intempéries rendent le ravitaillement de Paris impossible pendant trois mois.
- 13 janvier : Température record à Paris avec -23.1°.Le vin gèle dans les tonneaux il est débité à la hache
- 20 janvier : Dixième jour consécutif où la température est inférieure à -10° à Paris. Record jamais battu. Record de -26° à Paris. 24 000 morts de froid à Paris durant le mois de janvier.
- 15 mars : Début de la spectaculaire débâcle de la Seine générant une importante inondation rendant encore impossible le ravitaillement de Paris.
- fin mars : Dégel après le « Grand Hiver » qui laisse plus d'un million de morts en France. Presque tous les cours d'eau français ont gelé et même l'océan Atlantique fut pris par le gel le long des côtes françaises ! Nombreuses « émeutes de la faim ». 5 avril : Bloqué par les rigueurs de l'hiver, Paris est approvisionné pour la première fois depuis trois mois.
Alors drôle de coincidence : 1709 ---- 2009 ,
la question est ??: comment se passerait cet hiver si celà devait durer comme en 1709 , et à -20 degrés dans notre région ?
Au vu des conditions de vie que nous avons , évidemment nous n'aurions pas de cadavres sur les trottoirs ( et encore étant donné les nombres de sans abris, combien pourraient être laissés morts de froid ? ), ...
trouverions toujours à manger ???--- si on vient à manquer d'essence et si les routes et aéroports sont impraticables sur une longue période ?
Celà n'aura pas trop d'incidences sur nos impots ( il y en a bien assez comme celà ) mais .. ? on a bien eu un impot sur la canicule alors pourquoi pas contre le foid ???
toute cette situation pourrait poser des soucis bien plus énomess malgré la modernité ...alors ???
prenons cet hiver comme il se doit et réjouissons nous , il y a eu pire , et souhaitons qu'il n'y ait pas encore pire !
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